Latitude Nord : installation 30e anniversaire
Art et design en résonance
Date de réalisation
2025
Chargé(e) de projet
Marc Bherer
Photos
André Doyon
À l’occasion de son 30e anniversaire, Latitude Nord, partenaire de longue date de Desjardins Bherer, présentait une installation exclusive célébrant Minotti, première marque italienne haut de gamme à rejoindre son cercle d’exception.
Pour Marc Bherer, l’occasion était toute trouvée pour réunir deux univers : le design et l’art. Les créations Minotti sublimées aux côtés d’œuvres puisées à la galerie Blouin Division, référence en art contemporain québécois et collaborateur privilégié de la firme. Il a orchestré une rencontre inédite entre le raffinement et l’excellence de la grande maison italienne et la vitalité créative d’artistes québécois et canadiens.
L’idée a traversé l’Atlantique. La famille Minotti elle-même, garante de l’intégrité esthétique de la marque, a donné son approbation à chaque élément des installations. Un geste rare qui témoigne de la complicité tissée au fil des années. Car marier des œuvres à des pièces aussi iconiques exige plus qu’un sens esthétique : il faut comprendre l’ADN du mobilier, respecter ses lignes.
Cette installation reflète l’approche de Desjardins Bherer : c’est dans la rencontre entre architecture, mobilier et art qu’un espace trouve sa pleine expression.
L’art de la mise en scène
Huit vignettes. Huit ambiances. Et pour chacune, des œuvres soigneusement choisies dialoguant avec les créations Minotti, transformant l’espace Latitude Nord en galerie où design et art contemporain se donnent la réplique.
Nicolas Baier : entre nuit étoilée et lumière terrestre
Un disque cosmique aux constellations argentées s’impose face au canapé bouclé crème. Sa forme circulaire parfaite contraste avec les lignes horizontales du meuble, tandis que sa texture mate et rugueuse répond à la douceur enveloppante du tissu. Le fauteuil lounge en cuir cognac, posé en retrait, lance une palette chaude que prolongent les accents ambrés des bols décoratifs sur la table basse. Ces teintes caramel et bronze réchauffent la composition dominée par le noir profond et le blanc immaculé.
De l’autre côté, un caisson lumineux révèle une forêt en métamorphose au-dessus du buffet Minotti laqué noir. Le meuble agit comme miroir, amplifiant la profondeur photographique de l’œuvre. Les verts éclatants, dissous dans la lumière blanche, contrastent avec les lignes précises du mobilier. Le fauteuil moutarde crée un pont chromatique entre les deux tableaux : son jaune-vert répond aux tonalités organiques de la forêt, tandis que sa chaleur fait écho aux accents cognac et ambre. Ainsi, entre cosmos étoilé et lumière terrestre, le mobilier Minotti orchestre un équilibre où chaque élément trouve sa juste place.
Jeu de positif-négatif
L’œuvre de Patrick Coutu dessine des nervures sombres sur fond pâle, évoquant fissures ou branches dénudées. La table basse en marbre inverse ce rapport : veines blanches sur anthracite lustré. Ce jeu de positif-négatif révèle une affinité subtile entre la composition murale et la surface polie.
Dans cette palette de neutres, le fauteuil moutarde en cuir s’impose comme accent. Ses courbes et sa teinte chaude contrastent avec la sobriété du mobilier Minotti, apportant sensualité et vitalité à l’ensemble.
La photographie monumentale de Geneviève Cadieux, une huître aux formes voluptueuses sur fond noir, trouve un écho inattendu dans les courbes de la table basse ronde et du pouf pied-de-poule, seules formes arrondies d’un espace dominé par les lignes pures du canapé blanc Minotti. Le noir et blanc se décline avec précision : la nacre de l’huître répond au blanc du canapé, tandis que les coussins noirs ponctuent la composition.
Entre rigueur et improvisation
Placée au-dessus du buffet Minotti laqué noir, cette autre composition signée Patrick Coutu trouve dans la surface brillante du meuble un complice inattendu : les reflets créent un dédoublement visuel. La suspension, un bouquet de globes de verre coloré – ambre, vert, rose, blanc – prolonge ce jeu de rondeurs en introduisant une note de fantaisie dans un environnement dominé par les tonalités neutres et les lignes horizontales.
En face, quinze cadres de Pascal Grandmaison s’alignent selon les lignes du canapé blanc Minotti. À l’intérieur de cette grille rigoureuse, les formes flottent avec liberté. Le tissu mat du canapé contraste avec le noir brillant de la table basse, dont la surface reflète les cadres, amplifiant l’effet géométrique. Le coussin chartreuse, à motifs carreautés, fait écho à la structure de l’ensemble tout en rappelant le fauteuil visible en retrait.
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12Éclats dorés
Cette œuvre de Geneviève Cadieux capture la surface ondulante d’une rivière où les feuilles d’or appliquées transforment chaque reflet en abstraction lumineuse. Disposée au-dessus du canapé blanc Minotti, l’œuvre trouve son ancrage dans les lignes horizontales pures du mobilier. La table basse en marbre, avec ses veines naturelles, prolonge ce dialogue entre surfaces – l’une organique et mouvante, l’autre solide et polie.
Les éclats dorés se répercutent dans le fauteuil moutarde et le coussin du canapé, insufflant une chaleur subtile à la palette neutre. Les courbes généreuses du fauteuil apportent une sensualité qui répond à la fluidité de l’eau.
Effervescence colorée
L’œuvre de François Lacasse déploie une palette vibrante où roses, verts, orangés et noirs fusionnent en formes organiques. Les courbes de la composition résonnent avec celles du canapé beige Minotti et de la table basse ronde en bois sombre.
Les suspensions en verre coloré prolongent cette énergie chromatique. Leur transparence répond à la surface laquée de l’œuvre, tandis qu’une sphère décorative aux reflets cuivrés renforce ce vocabulaire de rondeurs. Le canapé Minotti, avec ses lignes sculpturales et sa neutralité élégante, offre le contrepoint idéal à cette effervescence colorée.
Relief et profondeur
Deux œuvres de Marie-Claire Blais investissent cet espace où le noir domine. Au mur, une composition géométrique monumentale explose en facettes corail, rouge vif et rose, créant une profondeur par le jeu des angles. Le tableau se prolonge dans le marbre lustré de la table Minotti.
Sur un mur adjacent, une seconde œuvre reprend cette palette en volume, offrant un relief là où la première propose une illusion optique. La table en marbre nervuré devient l’axe central de l’installation : ses veines blanches contrastent avec les facettes angulaires des compositions. Face au mobilier noir et aux murs gris anthracite, l’éclat corail s’impose avec intensité.
Collaborateurs : Galerie Blouin Division et Latitude Nord