Maison de pierre grise reconfigurée

Vieux-Montréal

Date de réalisation

2025

Chargé(e) de projet

Josuah Péloquin

Photos

André Doyon

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Client : Fin connaisseur des beaux espaces, souhaitant un intérieur à la fois enveloppant et contemporain.

Au cœur du Vieux-Montréal, cette maison de ville sur quatre étages posait un défi architectural singulier : trouver l’équilibre entre conservation patrimoniale et intervention contemporaine.

Sollicitée avant l’acquisition, Desjardins Bherer a accompagné le futur propriétaire dans l’évaluation du potentiel de ce bâtiment historique, révélant, sous les contraintes, les promesses d’une transformation ambitieuse. Les poutres de bois apparentes et les murs de maçonnerie d’origine racontaient l’histoire du lieu, mais un obstacle majeur subsistait : un foyer central traversant tous les étages bloquait la lumière naturelle et fragmentait l’espace entre l’avant et l’arrière de la demeure.

La métamorphose s’est orchestrée autour d’une vision audacieuse : libérer la lumière, fluidifier les espaces et créer une atmosphère enveloppante dans une palette chromatique déclinée dans les camaïeux de brun.

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Quand la lumière reprend ses droits

Le geste architectural le plus audacieux fut sans conteste le retrait complet du foyer central, qui obstruait le puits de lumière naturelle. La redistribution de la ventilation mécanique, désormais dissimulée dans une gaine discrète derrière l’escalier, a permis de métamorphoser l’espace.

Là où se dressait autrefois une barrière visuelle, une ouverture vertigineuse sur trois étages laisse maintenant la lumière ruisseler jusqu’au rez-de-chaussée, créant une continuité lumineuse entre tous les niveaux.

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Escalier sculptural

Du rez-de-chaussée au dernier étage, l’escalier en acier peint bronze s’impose comme pièce maîtresse du projet. Ses courbes délicates contrastent avec la robustesse du métal, composant un élément sculptural visible depuis l’ensemble de la maison. Les marches en chêne blanc s’enchaînent avec fluidité, révélées par un éclairage intégré qui souligne chaque ligne avec précision.

Entièrement assemblée et soudée sur place, cette prouesse technique incarne la rencontre entre artisanat d’exception et audace architecturale. Le dialogue entre la chaleur du chêne blanc et la profondeur mate du bronze, ponctué de mains courantes épousant les courbes de l’acier, crée un effet visuel saisissant.

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Reflets et matières

La cuisine signée Poliform se distingue par ses armoires en laque métallisée bronze, dont les reflets chaleureux évoluent au fil de la journée. Les vitrines rétroéclairées exposent la vaisselle et les objets du quotidien avec raffinement.

Le dosseret en porcelaine sombre à l’effet marbre noir veiné apporte une touche dramatique.  La péninsule, conçue en réponse à l’étroitesse du volume, conjugue fonctionnalité et convivialité. Le comptoir en porcelaine, d’une grande finesse et d’une résistance remarquable, prolonge cette recherche d’élégance intemporelle.

Les imposantes poutres de bois et la colonne structurelle rappellent le passé du lieu, tandis que les interventions contemporaines affirment résolument son ancrage actuel.

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Art de la table

Adjacente à la cuisine, la salle à manger prend place sous les mêmes poutres apparentes. Une table en marbre blanc ancre l’espace, ses veines délicates dessinant un motif naturel à sa surface. Les chaises noires créent un contraste graphique avec la luminosité du marbre, tandis que des suspensions contemporaines descendent avec élégance au-dessus des repas.

Au mur, une œuvre monumentale représentant un arbre sur fond noir devient le point focal de la pièce, instaurant un dialogue poétique entre nature et architecture urbaine.

Dialogue des époques

Le salon se déploie sous les poutres de bois apparentes, dans un équilibre subtil entre patrimoine et modernité. Un meuble mural aux lignes épurées, en laque sombre presque noire, accueille la télévision et un foyer linéaire à vapeur d’eau. La base en pierre Indiana Grey, aux tonalités gris calcaire, apporte une note minérale qui fait écho à la maçonnerie d’origine.

Les canapés modulaires noirs invitent à la détente. Leur configuration flexible permet d’adapter l’espace aux usages, qu’il s’agisse d’une soirée intime ou d’une réception animée. Le contraste entre le mobilier foncé et le plancher en chêne blanc amplifie la luminosité naturelle.

L’impossibilité d’encastrer l’éclairage dans les plafonds – limitée par l’épaisseur entre les poutres – a mené à l’intégration de luminaires en surface, transformant la contrainte technique en parti pris esthétique.

Monolithe de marbre

Dans la salle d’eau, un bloc de marbre blanc sculpté sur mesure forme la vanité. Véritable œuvre fonctionnelle, il dissimule habilement des rangements derrière ses tiroirs de pierre.

Les murs en porcelaine taupe composent un écrin sobre mettant en valeur la noblesse du marbre. Un luminaire mural noir, tel un bijou graphique, descend au-dessus de la vanité.

Luxe feutré

À l’étage, la suite principale traduit le désir du client de recréer l’atmosphère feutrée des grands hôtels. Le walk-in évoque une boutique de luxe, avec ses généreux rangements en laque taupe et sa vitrine aux cadres noirs rétroéclairés, révélant la collection de chaussures comme autant de pièces d’exposition.

Dans la chambre, de larges panneaux muraux en lin ivoire habillent le mur de la tête de lit. Rétroéclairés, ils diffusent un halo apaisant et améliorent l’acoustique, transformant l’espace en cocon intime. De part et d’autre du lit, deux luminaires assortis apportent symétrie et finesse.

Le mur de maçonnerie grise conservé rappelle le passé industriel du lieu et dialogue avec la fenêtre encadrée de bois. Une œuvre abstraite ponctue l’ensemble, tandis que tapis et textiles prolongent la recherche de confort et d’harmonie chromatique.

Immersion chromatique

La salle de bain principale pousse le concept d’enveloppement à son apogée. La porcelaine taupe recouvre sols et murs, tandis que le plafond, peint de la même teinte, efface les limites spatiales. Les appareils sanitaires adoptent cette coloration uniforme, créant une continuité chromatique remarquable.

Une contrainte technique a inspiré une solution inusitée : le bain est niché au fond de la douche. Issue de la présence d’une colonne technique, cette disposition transforme la contrainte en expérience spatiale singulière.

La robinetterie bronze, les tablettes éclairées et l’attention portée aux moindres détails témoignent d’un souci constant d’harmonie.

Bar au sommet

Au dernier étage, un espace bar baigné de lumière vient couronner la maison. Le comptoir en marbre vert dialogue avec les œuvres d’art aux tonalités vert-de-gris, introduisant une touche chromatique inattendue. Le rangement en bois prolonge la palette de bruns chauds qui traverse toute la demeure.

Cet étage intime s’ouvre sur une terrasse, ultime refuge offrant une respiration extérieure au sommet de cette maison verticale.